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Colossus

Bientôt 7 milliards d'homo sapiens sur ce gros tas de terre qui tourne en rond au milieu de nulle part.
Ça fait 7 milliards de points de vue différents sur la situation.
Et en tout et pour tout 7 milliards de têtes qui pensent tout bas "j'ai raison".

Avant j'imaginais la vérité comme un monument colossal, dont chacun depuis là où il se tenait, avait une certaine vision, un certain angle de vérité en quelque sorte.
Personne ne pouvant techniquement se trouver avec un point de vu cernant les 360° d'une telle immensité, il aurait suffi que l'on combine tous la somme de nos observations, de nos parts de vérité, pour reconstituer le puzzle existentiel dans son ensemble.
Le principe même d'humanité aurait alors prit tout son sens, toute sa splendeur...

J'ai très vite abandonné cette image naïve sortie tout droit du trou de balle de stroumpf idéaliste.
Et quand je dis très vite, je ne veux pas dire que cette idée rose anus ne m'a pas collé à la tête comme un vieux chewing-gum pendant 7ans. Non, ce que je veux dire c'est que la rupture avec cette idée a été si soudaine, si violente que chacun de mes ventricules s'en souvient encore.

Laissez moi vous raconter comment le colosse s'est écroulé sur lui même et dans quelles circonstances tout le monde est mort sous les décombres.

mercredi 27 avril 2011

Chuck Palahniuk

Le grand-père paternel de Charles Michael Palahniuk a tué sa femme à coups de fusil avant de se suicider. Penser : violence. Avant le divorce de ses parents, il grandit dans un mobile home. Penser : white trash. Il obtient un diplôme de journalisme à l'université de l'Oregon, mais il ne peut en vivre et devient mécanicien sur des moteurs de cars. Penser : échec, déception.


Bagarre dans un camping

Chuck Palahniuk fait du bénévolat pour des associations d'aide aux sans-abris, aux personnes âgées et aux malades en phase terminale, qu'il accompagne à des séances de thérapie de groupe. Penser : marginalité ; mort. Il fait partie de la Cacophony Society, organisation subversive aux actions festives. Penser : désordre. L'atelier d'écriture de Tom Spanbauer lui inspire un style minimaliste dans un premier livre,Insomnia : If You Lived Here, You'd Be Home Already, jamais soumis à un éditeur.

Son roman suivant, Monstres Invisibles est refusé, car trop dérangeant. Penser : désordre, déception, échec. Il écrit Fight Club sur la base d'Insomnia et des conséquences libératrices d'une bagarre dans un camping. Palahniuk espère choquer encore plus les éditeurs avec un individu : non violent, incontrôlable, non fiché, désorganisant le système à son échelle par des actions ponctuelles. Penser : vengeance. Le roman est pourtant publié, mais il connaît une faible audience. Son adaptation par David Fincher en 1999 relance un peu l'intérêt.
Culte à partir de la sortie du DVD de Fincher, Palahniuk démonte la société occidentale. Le film abat les codes hollywoodiens. Penser : subversion ; désordre ; marginalité. En 1999, l'ancien petit ami de la nouvelle compagne de son père les tue tous les deux à sa sortie de prison. Penser : violence ; mort.


Best-seller

La même année, Monstres Invisibles est publié dans une nouvelle version. Suit son quatrième roman, Survivant, puis Choke.

Premier New York Times Bestseller, premier succès en librairie. Ses personnages sont des légendes urbaines trop vraies pour être inventées.

Le contexte d'évolution dans une Amérique profonde, dérangée ; dont les faits et détails drôles et horribles, que Palahniuk tire en grande partie de ses vingt premières années. Penser : white trash ; désordre.

En 2000, il contribue à la condamnation à mort de l'assassin de son père ; il écrit Berceuse pour réussir à dépasser cet épisode. Penser : vengeance ; mort ; destin.
En 2003, il effectue sa tournée de promotion pour Journal intime. Palahniuk lit la nouvelle "Guts". Les gens s'évanouissent pendant les lectures. Total en 2004 : soixante évanouissements. Penser : horreur ; agression. "Guts" paraît en 2006 dans le recueil Haunted (A l'Estomac). Penser : obsessions récurrentes, sentiments d'oppression. Sous forme de chronologie inversée dans les premiers romans. Cela révèle une sorte de minimalisme (Voir : Gordon Lish, Amy Hempel). Répéter, créer des "chorus" (Penser : névrose).


Expérience

Il tente une nouvelle expérimentation dans A l'estomac ; poèmes, nouvelles, huis clos sanglant en fil conducteur, enfer à l'intérieur de chacun et du groupe. Chuck use de nombreux thèmes, d'abord marginalisation retournée en agressivité auto-destructrice ; ensuite horreur, satire, destin ; tension entre femme aimée et mère qui amène le chaos, suicide, pathologies mentales, figure christique, critique totale du modèle social, enfermement/libération. Bilan : Labellisé "auteur choc" en testostérone. "Être attaché à l'avant d'un train qui déraille" n'est pas forcément l'idée qui convienne, mais c'est la première qui vient à l'esprit.

En 2007 parait Peste, une biographie orale de Rant casey.


(Biographie extraite du site Flucuat)

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Ce romancier, a eu, je peux le dire aujourd'hui un impact inestimable sur ma façon de voir les choses. Suite à l'adaptation cinématographique qui a rendu célèbre, son roman"Fight Club", je me suis littéralement retrouvé avec la tête à l'envers.

Je m'explique:


En temps normal à la vue d'un film ou même d'un livre, chacun à sa façon d'interpréter ou de comprendre ce qu'il veut bien comprendre. Donc au final, on était tous là, assis ensemble dans cette salle obscure, mais personne n'a vu le même film. Du lancement au générique on donne le ton à l'histoire. On l'entache sans même le vouloir de notre propre expérience, qui déteint sur elle comme une bonne diarrhée dans une machine de linge blanc. A la sortie du ciné tout le monde colle son étiquette sur son beau tas de linge dégoulinant de merde et chaque spectateur y va de son "époustouflant","une performance magistrale"où d'un simple "merdique" si le scénario ne s'est pas aligné à ses principes ou remet en causes ses croyances.


Ce qui c'est passé quand je suis parti voir Fight Club, c'est exactement le contraire.

Ma vision des choses s'est retrouvée à tourner à l'intérieur de la machine, et pendant 1h30 c'est le film qui a déféqué en moi toutes ses tripes.

Et même après le défilé des derniers noms de techniciens et d'assistants secondaires que personne ne lit jamais à la fin du

générique, et bien t

out ça a continué à lover sacrément dans ma tête.


Ce film, ce livre, cet auteur, et le reste de ses oeuvres m'ont vraiment secoué. Aussi acide et choquant qu'il a pu être aux yeux de certains, à moi il m'a offert une vision radicalement différente, une vue "hors piste" où les choses étaient plus cru, plus réelles et surtout dénudées de toute moral. Comment aurais je pu l’imaginais, moi qui ai grandit dans cette génération walt disney ou tout le monde il est beau et gentil. Ou la violence c'est pour de faux, où si elle existe, c'est que dans les films et au journal de 20h. Moi qui n'ai connu que la suffisance et le confort dans cette société maternaliste au possible. Qu'est ce que j'en savais moi de la réalité?

Ce bouleversement je ne l'ai pas saisi comme tel sur le coup, mais il fut un premier pas dans l'engrenage qui m'amena vers une révolution intérieure bien plus grande, une révolution sans retour possible.

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